On a testé les plus beaux points de vue à Étretat, en une journée
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On croit connaître Étretat avant d’y monter. On a vu l’arche mille fois, sur une boîte de camembert, dans un générique, sur le compte Instagram d’un inconnu. Puis on grimpe, et on comprend que le site ne se joue pas en une image mais en une série de points de vue à Étretat qui ne racontent pas la même chose. Ce jour-là, on est partis du camping Abijune, au Tilleul, à trois kilomètres de la plage, avec une idée simple : monter les deux plateaux dans la même journée, sans jamais franchir une seule des limites posées par la mairie. Spoiler : on les a tous vus, et la plus belle vue n’est pas celle qu’on croit.
Les points de vue d’Étretat en vidéo · © Campings Origin
Points de vue à Étretat : la question du parking
Le camping Abijune est au Tilleul, à trois kilomètres d’Étretat, et cette distance change la journée entière. Pas parce qu’elle raccourcit le trajet, mais parce qu’elle permet de partir tôt. Or à Étretat, l’heure d’arrivée est le premier des choix pratiques : le stationnement est payant toute l’année, de 9 h à 19 h, week-ends et jours fériés compris, et le centre sature bien avant midi en été. Petit plus pour éviter les problèmes de parking, l’arrêt de bus est à seulement 800 mètres du camping.
Les tarifs valent d’être connus avant de tourner en rond. Dans le centre, sur les places de la Mairie, du Général de Gaulle et du Marché, on paie 3 euros la première heure et jusqu’à 15 euros pour cinq heures. Dans les zones plus excentrées, du côté de Fréfossé, du Grand Val, de la route de Criquetot ou de la gare, le forfait est de 7,50 euros la demi-journée et 15 euros la journée, avec un forfait week-end à 30 euros. Le calcul est vite fait quand on compte passer la journée dehors : on se gare une fois, loin, et on ne rebouge plus la voiture.

Le programme de la journée tient en une phrase : le plateau sud d’abord, le plateau nord ensuite. C’est l’ordre que nous avons suivi, et il a une logique. La montée côté Aval est la plus raide des deux, autant l’avaler avec des jambes fraîches. Et surtout, la vue d’ensemble depuis l’Amont se garde pour la fin de journée, quand la lumière tombe de biais sur la craie et que la plage se vide. Entre les deux, on redescend déjeuner au village, ce qui casse la journée sans la gâcher.
Falaise d’Aval : vingt minutes pour la carte postale
Le sentier part de l’extrémité sud de la plage, à gauche quand on fait face à la mer. Ça commence par un escalier, franc, qui donne le ton, puis le chemin s’adoucit en pente d’herbe le long du golf. Comptez une vingtaine de minutes sans matériel ni condition physique particulière, avec des pauses souffle assumées pour tout le monde. En haut, le vent change tout : il y fait toujours quelques degrés de moins qu’en bas, et une petite laine dans le sac n’est jamais du luxe, même en août.

Et puis le belvédère arrive, et c’est l’image que tout le monde a en tête : la Porte d’Aval, cette arche massive qui plonge dans la mer, et juste derrière elle l’Aiguille, ses 51 mètres plantés droit dans l’eau. Ce qui ne se devine sur aucune photo, c’est l’échelle. Les bateaux qui passent à l’aplomb de l’arche ressemblent à des jouets, les mouettes disparaissent contre la paroi, et l’on met un moment à admettre que ce truc blanc devant nous fait la hauteur d’un immeuble de dix-sept étages.
Notre conseil de terrain : ne vous arrêtez pas au premier point de vue. Le sentier continue, et cent mètres plus loin le dégagement est plus complet, avec l’arche prise de trois quarts au lieu d’être écrasée de face. C’est exactement là que la foule se clairsème, parce que la majorité des visiteurs a déjà fait sa photo et redescend.
La Manneporte : dix minutes de plus, et presque personne
C’est la meilleure affaire de la journée. En poursuivant sur le plateau, sur un terrain redevenu plat, une dizaine de minutes suffisent pour basculer de l’autre côté de la pointe et découvrir la Manneporte. C’est la troisième arche du site, la plus monumentale des trois, et pourtant celle que la plupart des visiteurs ne verront jamais : depuis la plage, elle est entièrement cachée par la falaise d’Aval.

Le contraste avec le belvédère précédent est saisissant. Dix minutes de marche plus loin, on se retrouve à trois ou quatre personnes sur un plateau immense, avec le bruit du vent et rien d’autre. C’est là que Monet est revenu peindre encore et encore, obsédé par la façon dont la lumière traverse l’ouverture selon l’heure. On comprend pourquoi en restant assis dix minutes : la couleur de la craie n’est pas la même au début et à la fin de la pause.
Si vous ne deviez retenir qu’un seul conseil de cet article, ce serait celui-là : continuez jusqu’à la Manneporte. Le rapport entre l’effort supplémentaire et ce que l’on gagne est sans équivalent sur le site.
Falaise d’Amont : la vue que l’on garde en tête
Redescente, déjeuner au village, traversée de la plage, et l’on repart de l’autre côté. Le sentier de l’Amont démarre à l’extrémité nord et se monte en un quart d’heure environ, sur une pente nettement plus douce que le matin. C’est la montée à conseiller à ceux qui hésitent, aux familles, à ceux qui n’ont le temps que d’une seule ascension dans la journée.

En haut se tient la chapelle Notre-Dame de la Garde, petite, blanche, bâtie en 1856 pour les marins, détruite pendant la Seconde Guerre mondiale et rebâtie en 1950. Juste derrière, une flèche de béton blanc de 24 mètres pointe le ciel à l’oblique : le monument à Nungesser et Coli, élevé en 1962 à la place de celui de 1928, détruit en 1944. C’est au-dessus de ces falaises que l’Oiseau blanc a été aperçu pour la dernière fois, le 8 mai 1927, avant de disparaître au-dessus de l’Atlantique. On regarde l’horizon un peu autrement après avoir lu la plaque.

Et c’est de là, finalement, que se prend la vue dont on se souvient. Pas l’arche en gros plan, mais tout Étretat d’un seul regard : la courbe de galets, les toits du village serrés dans le creux de la valleuse, et en face, en enfilade, la Porte d’Aval, l’Aiguille et le début de la Manneporte. En fin de journée, la craie vire au rose, les ombres allongent les reliefs, et la plage se vide de ses baigneurs. Notre verdict, après une journée à monter et redescendre : si vous ne montez qu’une fois, montez ici, et montez tard.
Pour comprendre en détail ce que vous regardez, la géologie des trois arches et l’histoire des peintres qui les ont rendues célèbres, le camping a écrit le guide complet des falaises d’Étretat et de leurs points de vue. Nous, on s’en tient au récit de la journée.
Ce qu’on n’a pas fait, et pourquoi
Il faut le dire clairement, parce que la moitié des guides et des vidéos qui traînent en ligne datent d’avant et envoient encore les visiteurs au mauvais endroit : une partie des accès d’Étretat est fermée. Un arrêté municipal du 28 avril 2025 interdit désormais la Chambre des Demoiselles, la descente au chaudron, les tunnels qui traversent les pointes et mènent notamment au Trou à l’Homme, ainsi que les plages au pied des falaises sur toute leur largeur, en dehors du secteur de la digue-promenade. Sur les plateaux, il est également interdit de s’approcher à moins de 5 mètres du bord. L’infraction est une contravention de deuxième classe, 35 euros.
Ce n’est pas un excès de zèle administratif. La commune met en avant les risques permanents d’effondrement, en pied comme en tête de falaise, l’érosion du littoral, et le nombre de visiteurs surpris par la marée dans les tunnels. Le 22 juillet 2026, des cordistes ont d’ailleurs été suspendus dans la paroi de la falaise d’Aval pour faire tomber volontairement un bloc instable d’environ deux mètres cubes, à une centaine de mètres du Trou à l’Homme, la plage et les accès étant fermés le temps de l’opération. Des études du BRGM avaient identifié ces points de faiblesse en 2018, puis en 2024.
Un dernier point à vérifier avant de partir, si vous comptez marcher plus loin que les deux plateaux : la portion du GR 21 entre Les Loges et Bénouville, de la valleuse d’Étigues à la valleuse du Curé, est fermée depuis le 14 février 2026 après un glissement de terrain, avec une déviation par le bas d’Étigues puis par la route. Aucune réouverture n’était annoncée au moment où nous écrivons ces lignes. Si vous rêviez de l’étape entière jusqu’à Fécamp, renseignez-vous auprès de l’office de tourisme avant de boucler le sac. Le reste du sentier côtier, lui, vaut toujours le déplacement, comme on le raconte dans notre panorama des sentiers du littoral en Bretagne et en Normandie.
Reste que ces interdictions ne retirent rien à la journée. Les deux plateaux, les trois arches, la chapelle et la vue d’ensemble sont tous accessibles librement et gratuitement. Ce qui est fermé, ce sont les recoins où l’on se mettait en danger, pas les points de vue.
Le point de vue bonus : la plage du Tilleul
Celui-là ne figure sur aucune liste des incontournables, et c’est précisément ce qui fait son prix. À côté du camping, la valleuse d’Antifer descend vers la mer entre bois et prairies jusqu’à une plage de galets que rien n’indique depuis la route. L’accès se fait à pied uniquement, et il y a deux façons de s’y prendre : depuis le camping, la plus belle, en traversant la valleuse à pied, entre 30 et 45 minutes de marche, ou en laissant la voiture au parking du Conservatoire du littoral, au Tilleul, d’où il reste environ 25 minutes de descente en forte pente. Le sentier devient glissant par temps humide : chaussures fermées, la remontée se mérite.

En bas, l’ambiance n’a plus rien à voir avec celle du front de mer d’Étretat. Une grande courbe de galets, des bancs de sable qui se découvrent à marée basse, les falaises tout autour, et une poignée de personnes seulement. Deux précautions, cependant, et elles ne sont pas décoratives : la baignade n’est pas surveillée, et des panneaux rappellent le risque d’éboulement au pied des parois. On profite de la plage, on ne s’installe pas contre la falaise.
Le site est un espace naturel sensible de plus de 150 hectares, fait de prairies, de landes et de mares, avec plusieurs espèces d’orchidées. Pour les marcheurs, une boucle officielle de 12,4 kilomètres, comptée à 3 h 30 pour 320 mètres de dénivelé, relie le bourg, le phare d’Antifer reconstruit en 1955 et la valleuse. Nous avions déjà détaillé l’accès à cette plage, et à sept autres criques du même genre, dans notre tour des plages secrètes de la Côte d’Albâtre. Et si vous préférez voir tout cela depuis l’eau, la plage du Tilleul se rejoint aussi à la pagaie : c’est l’autre versant de notre séjour, raconté dans on a testé le kayak à Étretat.
Infos pratiques : temps, stationnement, saison
| Falaise d’Aval | Départ extrémité sud de la plage, escalier puis pente d’herbe. Environ 20 min, raide. Porte d’Aval et Aiguille de 51 m |
| Manneporte | 10 min de plus sur le plateau, terrain plat. La plus grande des trois arches, invisible depuis la plage |
| Falaise d’Amont | Départ extrémité nord de la plage. Environ 15 min, pente douce. Chapelle Notre-Dame de la Garde, flèche Nungesser-et-Coli, vue d’ensemble |
| Plage du Tilleul | Valleuse d’Antifer, accès à pied uniquement depuis le parking du Conservatoire du littoral, environ 25 min de descente en forte pente. Baignade non surveillée |
| Interdits en vigueur | Arrêté municipal du 28 avril 2025 : Chambre des Demoiselles, descente au chaudron, tunnels vers le Trou à l’Homme, plages au pied des falaises hors digue-promenade, approche à moins de 5 m du bord. Contravention de 2e classe, 35 € |
| GR 21 | Portion Les Loges / Bénouville fermée depuis le 14 février 2026 (glissement de terrain), déviation par le bas d’Étigues puis par la route. À vérifier avant de partir |
| Stationnement | Payant toute l’année de 9 h à 19 h. Centre : 3 € l’heure, 15 € les 5 h. Zones excentrées (Fréfossé, Grand Val, route de Criquetot, gare) : 7,50 € la demi-journée, 15 € la journée, 30 € le week-end |
| Meilleur moment | Tôt le matin pour se garer et avoir les sentiers à soi, fin de journée sur le plateau d’Amont pour la lumière |
| À prévoir | Chaussures fermées à semelle qui accroche, coupe-vent même en été, eau, casquette. Poussette impossible sur les deux montées |
| Depuis le camping | Camping Abijune, Le Tilleul (76790), à 3 km d’Étretat |

Notre conseil : si votre photo d’Étretat vous déçoit, ce n’est presque jamais le cadrage qui est en cause, c’est l’heure. Décalez la montée de deux heures et la même falaise ne rend plus du tout pareil. C’est valable pour tout le monde, y compris pour ceux qui sont venus la peindre avant nous.
De retour au camping
On redescend les mollets en compote, et trois kilomètres plus loin la journée se termine à la piscine chauffée du camping Abijune. C’est le vrai luxe de dormir au Tilleul plutôt qu’ailleurs : on peut remonter le lendemain matin, à l’heure où les parkings sont vides, pour reprendre la photo qu’on a ratée la veille.

Et si vous restez la semaine, la destination Étretat a de quoi remplir le programme : quatre journées pour visiter la Côte d’Albâtre pour construire le séjour, et pour ceux qui veulent voir les arches d’encore plus haut, le baptême en ULM au-dessus des falaises. Le reste du réseau est sur la page des destinations Origin. Quant à nous, on garde en tête cette dernière image du plateau d’Amont, à l’heure où la craie devient rose.
Questions fréquentes sur les points de vue d’Étretat
Faut-il monter côté Aval ou côté Amont si on n’a le temps que d’une montée ?
Combien de temps faut-il pour voir les falaises d’Étretat à pied ?
Qu’est-ce qui est interdit d’accès à Étretat ?
Peut-on encore aller au Trou à l’Homme ?
Où se garer à Étretat et combien cela coûte ?
Les sentiers des falaises d’Étretat sont-ils faisables avec des enfants ?
Le GR 21 est-il ouvert entre Étretat et Fécamp ?
Comment accéder à la plage du Tilleul et à la valleuse d’Antifer ?
Sources : l’arrêté municipal du 28 avril 2025 et son contenu, relayés par France 3 Normandie et Tendance Ouest ; l’opération de purge du 22 juillet 2026 sur franceinfo ; la fermeture du GR 21 sur le site de la FFRandonnée ; les tarifs de stationnement sur l’office de tourisme Le Havre Étretat Normandie ; la valleuse d’Antifer et sa boucle de randonnée sur Le Havre Seine Métropole ; la géologie des trois arches dans le guide des falaises d’Étretat du camping Abijune. Interdictions, tarifs de stationnement et état des sentiers vérifiés le 14 août 2026 et donnés à titre indicatif : ils évoluent au gré des arrêtés et des éboulements, renseignez-vous avant de partir. Article mis à jour le 14 août 2026.
Destinations
- Le Crotoy – Baie de Somme
- Bagnères-de-Luchon – Pyrénées
- Lac de Villefort – Cévennes
- Ambon – Bretagne Sud
- Étretat – Normandie
- Mont-Saint-Michel – Normandie
- Touraine
Campings
- Camping Les 3 Sablières
- Camping Lac de Villefort
- Camping Pradelongue
- Camping Abijune
- Camping Domaine du Morbihan
- Camping Chemins du Mont-Saint-Michel
- Camping Coteaux du Lac
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